Dans le parcours de soins, les pharmaciens d’officine sont eux aussi en contact avec des personnes qui pratiquent le chemsex. Pourtant, cette pratique et les substances qui y sont associées restent encore peu connues en officine. Les pharmaciens peuvent néanmoins être confrontés à ces situations, par exemple lors de la délivrance de kits d’injection ou de matériel de réduction des risques.
Mais en tant que pharmacien ou pharmacienne, comment accueillir ces patients et adapter la prise en charge ? Quels messages de prévention transmettre pour limiter les risques liés aux injections intraveineuses ? Et puis quelle posture adopter lorsque les usages de substances psychoactives dans un contexte sexuel sont évoqués au comptoir ?
Dans ce troisième épisode de notre série consacrée au chemsex, nous accueillons Alexandre Nicolas. Pharmacien dans le Val-de-Marne, il partage son expérience et ses conseils pour accompagner en officine les personnes concernées.
Vous entendrez également le témoignage de JP, qui a pratiqué le chemsex par le passé. Dans cet épisode, il raconte les difficultés qu’il a rencontrées lorsqu’il a souhaité acheter un kit d’injection pour une connaissance. Sébastien, bénévole pour l’association Chems Pause à Paris, prendra aussi la parole pour rappeler l’importance du rôle des pharmaciens.
Vous êtes pharmacien d’officine et vous souhaitez accompagner au mieux les personnes qui pratiquent le chemsex ? Voici 3 repères qu’Alexandre Nicolas partage avec vous :
- La réduction des risques constitue un objectif central. Le référencement et la délivrance de kits d’injection, ainsi que la récupération des DASRI, sont essentiels. Vérifier si la personne sait utiliser le matériel et prendre le temps d’expliquer son bon usage permet d’aller plus loin dans la prévention des risques.
- Lorsque le sujet du chemsex est abordé au comptoir, il est essentiel d’adopter une posture d’écoute neutre et bienveillante. Privilégier des questions ouvertes, sans jugement, favorise un échange de confiance.
- L’orientation vers d’autres professionnels ou structures constitue également un levier important. Diriger le patient vers un collège à l’aise avec ces thématiques, ou vers des structures adaptées comme les CEGIDD ou des associations spécialisées, permet d’accompagner au mieux les personnes concernées.
Ressources complémentaires :
Si vous souhaitez approfondir ces questions, le CHEM Santé propose également sur sa chaîne YouTube un webinaire animé par Julien Martinez : « Chemsex : que faire en première ligne ? » (lien : https://www.youtube.com/watch?v=mQKeNzas0o4)
Vous trouverez également de nombreuses ressources à propos du chemsex auprès d’associations nationales comme Aids (https://www.aides.org/chemsex) ou locales comme Chems Pause (https://chemspause.fr/association/) à Paris.