Depuis la publication du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) le 12 mars 2025, la réforme du Développement Professionnel Continu (DPC) est au centre de toutes les discussions dans le secteur de la santé. La suppression de l’Agence nationale du DPC (ANDPC) et la refonte du dispositif sont des propositions qui divisent. Quels sont les enjeux pour les professionnels de santé ? Décryptage.

Un rapport critique sur l’ANDPC

L’IGAS a rendu un rapport sans appel sur l’efficacité de l’ANDPC. L’agence, censée piloter le DPC pour 1,9 million de professionnels de santé, a montré de nombreux dysfonctionnements. Entre 2020 et 2022, seuls 22 % des professionnels ont satisfait à leur obligation triennale de formation, un chiffre jugé insuffisant. Parmi les reproches formulés :

  • Une faible lisibilité du dispositif et de son impact réel sur les pratiques de soins.
  • Un manque d’incitation des professionnels à suivre les formations.
  • Des procédures administratives complexes pour les organismes de formation.

Un avenir incertain pour le DPC

L’IGAS propose plusieurs scénarios pour remédier à ces problèmes. L’un d’eux suggère la suppression pure et simple de l’ANDPC et le transfert de ses missions à la Haute Autorité de Santé (HAS). Ce changement viserait à rationaliser l’organisation et à améliorer l’efficience des formations.

Cependant, cette proposition soulève de nombreuses interrogations :

  • La suppression de l’ANDPC signifie-t-elle une disparition du financement des formations ?
  • Le transfert des missions à la HAS garantirait-il un accès simplifié et efficace aux formations ?
  • Quel avenir pour les organismes de formation et les professionnels soumis à l’obligation de DPC ?

Mobilisation des acteurs de la santé

Face à cette incertitude, les réactions ne se sont pas fait attendre. Les agents de l’ANDPC ont récemment entamé une grève pour protester contre ces réformes et défendre l’obligation de DPC. De leur côté, plusieurs syndicats de professionnels de santé dénoncent une potentielle perte de qualité et d’accessibilité des formations si l’ANDPC venait à disparaître.

L’enjeu est de taille : alors que la certification périodique, mise en place en 2023, vient déjà complexifier le paysage de la formation continue, l’avenir du DPC reste incertain.

Ce qu’il faut retenir

Le rapport de l’IGAS remet en cause le fonctionnement de l’ANDPC et propose des réformes profondes, voire une suppression de l’agence. Si certains y voient une opportunité d’amélioration du DPC, d’autres s’inquiètent des conséquences sur l’accès à la formation et sur la qualité du dispositif. Une chose est sûre : les professionnels de santé doivent suivre de près ces évolutions qui pourraient impacter leur formation et, par extension, la qualité des soins dispensés. 

Affaire à suivre…

https://www.igas.gouv.fr/lavenir-de-lagence-nationale-du-developpement-professionnel-continu-mission-complementaire

https://francais.medscape.com/voirarticle/3612640

https://www.ffmkr.org/actualites/maintien-de-landpc-une-necessite-pour-la-formation-continue-des-kinesitherapeutes